Je crois qu’il est temps de faire le deuil du code.
Le code co-généré par IA gagne le match. Et c’est le marché qui décide.
J’ai vécu exactement la même chose avec le maraîchage.
J’aime cultiver avec des méthodes peu mécanisées, sans pesticides, dans l’esprit « potager ». J’ai réussi à lancer une exploitation et à maintenir des cultures dans cet état d’esprit. Mais le temps passé sans assistance était colossal, et le verdict est clair : pas rentable.
Pourquoi ? Parce que le marché ne joue pas avec les mêmes règles, ni les mêmes idéaux, ni le même rythme. Le temps, c’est de l’argent.
J’ai donc fait le deuil du maraîchage professionnel. Aujourd’hui, je cultive mes légumes pour moi, sains et bons, à mon rythme.
Le parallèle avec le code
Je ne pensais pas être confronté à la même réalité avec le code, mais c’est exactement la même chose.
Je peux entretenir une parcelle au débroussailleur électrique pendant 7-8 heures. Je peux entretenir la même parcelle au tracteur en 30 minutes, avec un résultat plus propre, sans m’épuiser.
J’aimerais vivre dans un monde où l’on peut rester viable en fauchant son champ à la main, ou avec de petits outils.
J’aimerais aussi vivre dans un monde où coder à la main reste possible et rentable.
Mais chaque semaine qui passe rend cette idée un peu moins vraie.
L’IA, le marché, et la réalité
J’ai beaucoup douté et je doute encore de l’IA. Mais je vois bien que le monde prend une direction opposée au minimalisme et à la décroissance que je cherche à vivre.
Je dois manger. Et je vais devoir faire le deuil du métier de développeur tel que je l’ai aimé.
Pour rester viable, je vais devoir suivre le marché… ou crever.
Je vais devoir intégrer l’IA et générer une part croissante de mon code avec elle. Parce que je facture du temps à mes clients, et que pour un même résultat, je dois rester compétitif.
Est-ce que ça change mon métier ?
Oui.
Je vais être plus rapide et plus efficace. Je vais aussi devenir plus dépendant.
Mais la valeur d’un développeur ne se limite pas à écrire du code : elle consiste à traduire un besoin en logiciel, en site web, en processus concret.
Je n’aime pas être dépendant d’un outil. Je n’aime pas ce rythme délirant.
Pourtant, une bonne partie du code que j’écris aujourd’hui peut déjà être générée à 70 % en copilotant une IA. Et ce n’est que le début.
Un choix brutal
Donc soit je fais le deuil du code à la main, soit je ferme boutique.
Voilà la réalité.
Et si demain l’IA devient trop chère, disparaît, ou s’effondre ? Je reprendrai le clavier. Parce que le marché sera contraint, lui aussi, de ralentir et de repasser au manuel.
Une crise profonde
On traverse une crise profonde. Les IA déstabilisent énormément de choses, sans régulation en vue.
Je doute fortement qu’un retour en arrière soit possible, comme pour les pelleteuses, les tracteurs, les calculettes, et tous les outils qui ont déjà redéfini notre rapport au travail.
Conclusion
Je fais le deuil de l’ancienne façon de faire.
Je garde une mentalité old school : du code simple, robuste, lisible.
Mais je vais devoir m’appuyer sur l’IA pour produire.
Je dois m’adapter ou mettre la clé sous la porte.
Les règles ont changé.