Petit retour sur l’IA : coûts, limites et dette technique
On atteint toujours plus rapidement les plafonds d’utilisation des IA, et les prix vont continuer à monter.
Je ne serais pas surpris qu’on arrive à du 200 € / jour à terme.
À 20 € / mois, l’IA est rentable. À ce prix-là, elle apporte un vrai gain de productivité, un coup d’accélérateur utile.
Mais à 200 € / mois, la logique change. Pour amortir le coût, la tentation est claire : empiler les projets.
Produire plus, plus vite, à moindre effort apparent.
Et c’est là que le piège se referme.
Empiler les projets, c’est souvent :
- générer du code qu’on ne lit plus vraiment
- corriger moins, comprendre moins
- perdre la maîtrise fine de sa base de code
Résultat : dette technique massive, architecture fragile, et bases de code ingérables à long terme.
Pour être clair : aucun intérêt à pourrir une base de code pour rentabiliser un outil.
Dégrader la qualité pour suivre un modèle économique artificiel, c’est une stratégie perdante.
Le vibe coding et les approches ultra-assistées risquent de prendre un mur quand :
- les coûts vont exploser
- les plafonds d’usage vont se durcir
- et que les équipes devront reprendre la main sur des systèmes qu’elles ne maîtrisent plus vraiment
L’IA, pour moi, reste un outil, pas un pilote automatique.
Je la vois comme le champignon dans Mario Kart : un boost sympa, parfois décisif, mais il faut savoir piloter sans si on veut tenir la route sur la durée.
Paradoxalement, ces limitations me rassurent.
Si le coût d’usage explose, l’adoption aveugle va ralentir. Et le marché va se rééquilibrer entre :
- code à la main
- code légèrement assisté
- et code full auto
Pour le moment, je reste sur la même ligne : IA oui, mais en dehors de l’éditeur de code. J’en veux comme support, comme copilote ponctuel, pas comme béquille permanente au cœur de mon flux de dev.
Avec des plafonds qui baissent et des prix qui montent, il y a peu de chances qu’elle reste longtemps dans ma liste d’outils à ce rythme.
Tant mieux.
Le réel finira par rattraper le marché, et on pourra redevenir rentables sans dépendre de l’IA.